Abandon de poste
Comment faire un abandon de poste ? Risques et alternatives
L’abandon de poste est une situation où un salarié cesse de venir travailler sans justification et sans respecter la procédure classique de démission. Certains envisagent cette option pour partir rapidement d’un emploi, pensant ainsi éviter un préavis ou obtenir une indemnisation chômage. Pourtant, cette décision peut entraîner des conséquences graves: perte de salaire, attente prolongée d’un licenciement et difficultés à retrouver un emploi.
Avant de choisir cette voie, il est essentiel de comprendre les risques et les alternatives légales qui permettent de quitter un emploi sans compromettre ses droits.
1. Qu’est-ce qu’un abandon de poste ? 
Définition et caractéristiques
L’abandon de poste désigne une situation où un salarié cesse soudainement de se rendre sur son lieu de travail, sans avertir son employeur et sans présenter de justificatif légal, comme un arrêt maladie ou une autorisation de congé. Contrairement à une démission ou à une rupture conventionnelle, cette absence est unilatérale et place l’employeur face à une incertitude sur les intentions du salarié.
Lorsqu’un salarié abandonne son poste, il reste officiellement employé tant que l’employeur n’a pas engagé de procédure disciplinaire. En d’autres termes, son contrat de travail n’est pas rompu immédiatement, et son statut professionnel demeure inchangé jusqu’à une éventuelle décision de licenciement. Cette situation peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon la réactivité de l’employeur.
Une rupture qui n’est ni une démission ni un licenciement
Il est essentiel de bien différencier l’abandon de poste des autres modes de rupture du contrat de travail. Contrairement à une démission, où le salarié doit notifier son départ par écrit et respecter un préavis, l’abandon de poste ne suit aucune procédure officielle. Le salarié quitte son emploi de manière informelle, ce qui complique la gestion de son dossier par l’entreprise.
D’un autre côté, l’abandon de poste ne constitue pas un licenciement immédiat. L’employeur doit d’abord attendre un certain délai avant d’entamer une procédure disciplinaire. Cela signifie que, dans l’intervalle, le salarié ne perçoit aucun salaire, mais reste contractuellement lié à l’entreprise, ce qui peut bloquer l’accès à un nouvel emploi ou aux allocations chômage.
Astuce: Avant de prendre une décision radicale, consultez un conseiller Youne pour analyser votre situation et évaluer les meilleures solutions adaptées à votre contrat de travail.
2. Pourquoi certains salariés choisissent-ils l’abandon de poste ? 
Une tentative d’éviter le préavis
Certains salariés envisagent l’abandon de poste comme une solution pour quitter leur emploi rapidement, sans avoir à respecter le préavis imposé par leur contrat. Un préavis peut durer de quelques semaines à plusieurs mois, ce qui peut être contraignant, notamment lorsqu’un salarié a trouvé un nouveau poste ou souhaite changer de voie professionnelle. En cessant de venir travailler sans justification, il espère forcer son employeur à le licencier, évitant ainsi l’obligation d’un départ planifié.
Cependant, cette stratégie comporte un risque majeur. Si l’employeur décide de ne pas licencier immédiatement, le salarié reste bloqué dans une situation ambiguë : il ne perçoit plus de salaire, mais ne peut pas non plus signer un contrat avec une nouvelle entreprise sans démissionner officiellement.
L’espoir d’obtenir des allocations chômage
Une des raisons les plus courantes derrière un abandon de poste est la volonté d’accéder aux allocations chômage. En France, un salarié qui démissionne ne perçoit pas automatiquement d’indemnités chômage, sauf s’il peut prouver une démission légitime. L’abandon de poste est parfois vu comme un moyen d’obtenir un licenciement pour faute grave, ouvrant ainsi droit aux aides de France Travail.
Toutefois, cette approche est risquée. Contrairement à une idée reçue, un employeur n’a aucune obligation de licencier un salarié en abandon de poste rapidement. Certains choisissent de laisser la situation en suspens pour éviter d’avoir à verser des indemnités de licenciement ou pour pousser le salarié à régulariser sa situation. Résultat : le salarié peut se retrouver pendant plusieurs mois sans salaire ni droit au chômage, ce qui complique considérablement sa situation financière.
Une réaction à des tensions ou un mal-être au travail
Dans certains cas, l’abandon de poste résulte d’un épuisement professionnel, d’un conflit avec un supérieur ou d’une situation de harcèlement. Lorsqu’un salarié se sent incapable de poursuivre son travail, il peut choisir de ne plus revenir, faute d’avoir trouvé une alternative viable. Cette réaction, bien que compréhensible dans certaines situations, reste néanmoins risquée, car elle ne garantit aucune protection juridique et laisse le salarié sans ressources pendant une durée indéterminée.
Dans ce type de situation, il est souvent préférable de solliciter un arrêt maladie auprès d’un médecin, d’entamer un dialogue avec les ressources humaines ou de se renseigner sur les possibilités de rupture conventionnelle.
Astuce: Avec Youne, bénéficiez d’un accompagnement personnalisé pour comprendre les conséquences de l’abandon de poste et identifier une stratégie plus avantageuse pour quitter votre emploi.
3. Quels sont les risques d’un abandon de poste ? 
L’abandon de poste peut sembler être une solution rapide et efficace pour quitter un emploi, mais il entraîne de nombreux risques souvent sous-estimés. Contrairement à une démission formelle ou une rupture conventionnelle, cette méthode place le salarié dans une situation d’incertitude qui peut durer plusieurs mois. Il est donc essentiel de bien mesurer les conséquences avant de prendre une telle décision.
Une absence de salaire sans rupture immédiate du contrat
Lorsqu’un salarié décide de ne plus se présenter à son travail sans justification, il ne perçoit plus son salaire à partir du premier jour d’absence injustifiée. Cette conséquence est immédiate et peut avoir un impact financier important, surtout si l’absence se prolonge.
En revanche, l’employeur n’est pas obligé de réagir rapidement. Il peut choisir de laisser le contrat de travail en suspens, ce qui signifie que le salarié reste officiellement employé par l’entreprise, mais sans toucher de rémunération. Cette situation peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en fonction de la stratégie de l’employeur. Pendant cette période, le salarié ne peut pas prétendre aux allocations chômage, car il n’est ni licencié ni démissionnaire.
Dans certains cas, l’employeur envoie une mise en demeure demandant au salarié de justifier son absence ou de reprendre son poste. Si le salarié ne répond pas, l’entreprise peut alors engager une procédure de licenciement, mais ce processus n’est pas immédiat.
Un licenciement pour faute grave et ses conséquences
Si l’abandon de poste se prolonge, l’employeur peut finalement décider de licencier le salarié pour faute grave. Cette procédure lui permet de mettre fin au contrat de travail sans verser d’indemnité de licenciement ni d’indemnité compensatrice de préavis.
Les conséquences pour le salarié sont multiples :
- Perte des indemnités de départ, qui peuvent représenter une somme importante après plusieurs années d’ancienneté.
- Aucune compensation pour le préavis non effectué, ce qui signifie une absence de revenus pendant une période prolongée.
- Un impact négatif sur le dossier professionnel, ce qui peut compliquer la recherche d’un nouvel emploi, notamment si l’employeur mentionne ce motif lors d’une prise de référence.
Dans les cas les plus extrêmes, si l’employeur estime que l’abandon de poste a causé un préjudice important à l’entreprise (désorganisation, perte financière, surcharge de travail pour les collègues), il peut même intenter une action en justice pour demander des dommages et intérêts. Bien que ces situations restent rares, elles soulignent les risques que peut entraîner un départ non encadré.
Une attente prolongée avant l’accès aux allocations chômage
L’un des principaux objectifs des salariés qui abandonnent leur poste est d’être licenciés pour pouvoir prétendre aux allocations chômage. Cependant, cette stratégie peut être risquée.
Tout d’abord, le délai avant le licenciement peut être long. Certains employeurs laissent volontairement traîner la procédure pour éviter de verser des indemnités ou pour décourager le salarié. Tant que le licenciement n’est pas prononcé, le salarié ne peut pas s’inscrire à France Travail ni bénéficier d’une aide financière.
Ensuite, même après un licenciement pour faute grave, France Travail peut décider de différer l’indemnisation, surtout si l’abandon de poste est jugé comme un choix volontaire du salarié. Dans certains cas, une enquête est menée pour évaluer si le salarié a tout mis en œuvre pour maintenir son emploi avant d’abandonner son poste.
Ainsi, au lieu de garantir une transition fluide entre deux emplois, l’abandon de poste peut entraîner une période d’instabilité financière difficile à gérer.
Astuce: Youne vous aide à anticiper les risques juridiques et financiers d’un abandon de poste et vous oriente vers des solutions légales qui préservent vos droits.
4. Quelles alternatives à l’abandon de poste ? 
Face aux nombreux risques liés à l’abandon de poste, il est fortement recommandé d’explorer des solutions plus sûres pour quitter un emploi sans compromettre ses droits. Heureusement, plusieurs alternatives existent et permettent de mettre fin à un contrat de travail en toute légalité tout en maximisant ses chances de toucher des allocations chômage.
Négocier une rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle est aujourd’hui l’une des meilleures solutions pour quitter son emploi en bonne entente avec son employeur. Ce mode de rupture permet au salarié de partir en bénéficiant d’une indemnité de départ et d’un accès aux allocations chômage après un délai de carence.
Pour obtenir une rupture conventionnelle, il est essentiel d’adopter une démarche constructive avec son employeur. Voici quelques conseils pour maximiser ses chances de succès :
- Présenter des arguments solides : il est préférable d’expliquer pourquoi un départ négocié serait bénéfique pour les deux parties. Par exemple, un salarié peut mettre en avant son envie de reconversion ou le fait qu’un remplacement anticipé éviterait des difficultés à l’entreprise.
- Montrer sa flexibilité : en étant prêt à adapter la date de départ ou à former son remplaçant, le salarié augmente ses chances de convaincre son employeur.
- Faire preuve de patience : une rupture conventionnelle demande un certain temps de négociation, mais elle reste la solution la plus avantageuse dans la majorité des cas.
Obtenir un arrêt de travail en cas de souffrance professionnelle
Lorsque les conditions de travail deviennent insupportables et ont un impact sur la santé, il peut être judicieux de consulter un médecin. Si celui-ci estime que la situation affecte sérieusement le bien-être du salarié, il peut prescrire un arrêt de travail.
Cette solution offre plusieurs avantages :
- Elle permet de percevoir des indemnités journalières plutôt que de rester sans revenus.
- Elle laisse le temps de réfléchir à une stratégie de départ tout en étant protégé.
- Elle peut être un levier pour entamer un dialogue avec l’employeur et envisager une solution plus adaptée (mutation, rupture conventionnelle, aménagement du poste).
Déposer une démission en bonne et due forme
Dans certains cas, la démission reste la solution la plus simple et la plus rapide. Même si elle n’ouvre pas automatiquement droit aux allocations chômage, elle peut être la meilleure option pour un salarié qui a déjà trouvé un nouvel emploi ou qui souhaite se reconvertir rapidement.
Par ailleurs, certaines démissions sont considérées comme légitimes par France Travail et permettent d’obtenir le chômage après étude du dossier. C’est notamment le cas si :
- Le salarié déménage pour suivre son conjoint.
- L’entreprise ne respecte pas ses obligations contractuelles (non-paiement des salaires, harcèlement avéré).
- Le salarié engage une formation qualifiante reconnue par France Travail.
Astuce : Grâce à Youne, bénéficiez d’un accompagnement pour négocier une rupture conventionnelle, préparer une démission légitime ou trouver la meilleure alternative à l’abandon de poste.
Le mot de la fin 
L’abandon de poste peut sembler être une solution rapide pour quitter un emploi, mais il entraîne de nombreux risques : suspension de salaire, licenciement pour faute grave et incertitude sur l’accès au chômage. Plutôt que d’opter pour cette voie risquée, il est préférable de chercher une alternative plus sûre, comme la rupture conventionnelle ou la démission légitime.
Avant toute décision, il est essentiel de se renseigner et de consulter un professionnel pour identifier la meilleure solution adaptée à sa situation.