Don, contre-don et résilience du travailleur social
Le principe du don et du contre-don, élaboré par le sociologue Marcel Mauss, se révèle pertinent dans le domaine du travail social, particulièrement lorsque le professionnel a une trajectoire personnelle singulière. Dans ce cadre, le travailleur social offre un « don » à la personne assistée, que ce soit sous la forme d’un soutien émotionnel, d’une assistance […]
Le principe du don et du contre-don, élaboré par le sociologue Marcel Mauss, se révèle pertinent dans le domaine du travail social, particulièrement lorsque le professionnel a une trajectoire personnelle singulière. Dans ce cadre, le travailleur social offre un « don » à la personne assistée, que ce soit sous la forme d’un soutien émotionnel, d’une assistance matérielle ou d’un accompagnement administratif. Ce geste altruiste vise à soulager la détresse ou à promouvoir le bien-être d’autrui. Cependant, selon la dynamique du don et du contre-don, il est attendu que la personne aidée réponde par un « contre-don ». En cas contraire, le don initial crée une dette symbolique devant être acquittée. Cette contrepartie, ou contre-don, peut se manifester par divers moyens tels que la reconnaissance, la confiance, l’engagement dans le processus d’assistance, voire une forme exprimée de gratitude. Pour un travailleur social avec une histoire complexe, ce concept prend une dimension particulière, pouvant engendrer des sentiments de vulnérabilité, d’empathie ou de résonance avec la situation de la personne aidée, impactant ainsi la dynamique du don et du contre-don. Sa propre histoire peut également influencer sa capacité à recevoir ou à reconnaître les contre-dons de la personne assistée. Est-il envisageable qu’une corrélation avec le concept de résilience existe ? En effet, en fournissant de l’aide en tant que reflet de son propre désir, le travailleur social trouve également une forme de thérapie personnelle à travers son soutien à autrui. Aider autrui revient ainsi à s’aider soi-même. Nos choix, façonnés par notre expérience, comme le souligne Chantal Jacquet, font référence à l’ensemble des interactions entre les différents composants d’un système, influençant ainsi sa structure et sa dynamique globale. Cela suggère une forme d’auto-thérapie inconsciente qui peut être subtilement dissimulée. Pour de nombreux individus, notamment ceux marqués par une histoire personnelle difficile, la notion de résilience résonne à travers l’idée du contre-don.
Auteur :Sofiane MADI
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