IJSS : tout comprendre en cas d’arrêt de travail
Les IJSS compensent une partie de la perte de salaire pendant un arrêt de travail. Calcul, carence, versement et démarches : voici l’essentiel à connaître.
IJSS : de quoi parle-t-on exactement ?
Les IJSS, ou indemnités journalières de la Sécurité sociale, permettent de compenser une partie de la perte de revenus pendant un arrêt de travail.
Elles peuvent notamment être versées en cas de maladie, de maternité, de paternité, d’accident du travail ou de maladie professionnelle.
Leur montant n’est pas toujours égal au salaire habituel.
C’est souvent là que les premières questions apparaissent.
Combien vais-je toucher ? Quand vais-je être payé ? Pourquoi trois jours ne sont-ils pas indemnisés ? Est-ce la CPAM ou mon employeur qui me verse les IJSS ?
Ces questions sont fréquentes. Pourtant, quelques règles permettent déjà d’y voir plus clair.
Qui peut percevoir des IJSS en cas de maladie ?
Les IJSS maladie ne sont pas versées automatiquement.
Des conditions liées à l’activité professionnelle doivent être remplies.
Pour un arrêt inférieur à six mois, un salarié doit notamment avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois ou des 90 jours précédents.
Les droits peuvent aussi être ouverts grâce au niveau de rémunération soumis à cotisations.
Lorsque l’arrêt dépasse six mois, des conditions supplémentaires sont prévues. Une durée minimale d’affiliation à l’Assurance Maladie est notamment demandée.
La situation dépend donc du parcours professionnel de chaque personne.
Un salarié à temps partiel peut également percevoir des IJSS s’il remplit les conditions prévues.
Comment sont calculées les IJSS ?
Pour un arrêt maladie classique, les IJSS représentent 50 % du salaire journalier de base.
Ce salaire journalier est calculé à partir des salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt.
Pour un salarié payé chaque mois, les trois derniers salaires bruts sont additionnés. Le résultat est ensuite divisé par 91,25.
Prenons un exemple simple.
Un salarié a gagné 2 000 € brut par mois pendant les trois mois précédant son arrêt.
Ses trois salaires représentent 6 000 €.
Son salaire journalier de base est donc d’environ 65,75 €.
Son indemnité journalière atteint alors environ 32,87 € brut par jour.
Le calcul reste toutefois plafonné.
En 2026, le salaire retenu pour une IJ maladie est limité à 1,4 fois le Smic mensuel. Depuis le 1er juillet 2026, l’indemnité journalière maladie ne peut ainsi pas dépasser 42,97 € brut par jour.
Un salaire élevé ne permet donc pas forcément d’obtenir une IJSS proportionnellement plus importante.
IJSS et délai de carence : pourquoi trois jours ne sont-ils pas payés ?
Lors d’un arrêt maladie classique, un délai de carence de trois jours est généralement appliqué.
Les IJSS commencent donc à être versées à partir du quatrième jour.
Par exemple, si l’arrêt débute le 1er octobre, les 1er, 2 et 3 octobre ne seront généralement pas indemnisés par l’Assurance Maladie. Les IJ commenceront à partir du 4 octobre.
Des exceptions existent.
Le délai de carence n’est notamment pas appliqué de la même manière dans certaines situations, comme les accidents du travail ou les maladies professionnelles.
Des règles particulières existent également pour certains arrêts successifs ou liés à une affection de longue durée.
Il faut donc toujours regarder la situation précise avant de calculer la somme attendue.
Comment les IJSS sont-elles versées ?
Dans la situation la plus simple, les IJSS sont directement versées au salarié par l’Assurance Maladie.
Après le traitement du dossier, les paiements sont ensuite effectués tous les 14 jours en moyenne.
Mais un autre fonctionnement existe : la subrogation.
Dans ce cas, les IJSS sont versées directement à l’employeur.
L’entreprise continue alors à verser la rémunération prévue au salarié et récupère les indemnités auprès de l’Assurance Maladie.
Ce fonctionnement explique pourquoi certains salariés ne voient jamais un virement distinct de la CPAM sur leur compte bancaire.
La subrogation apparaît normalement sur les éléments de paie.
En cas de doute, il est utile de comparer le bulletin de salaire avec le relevé des indemnités disponible sur le compte ameli.
IJSS et maintien de salaire : quelle différence ?
Les IJSS et le maintien de salaire sont souvent confondus.
Pourtant, il s’agit de deux choses différentes.
Les IJSS sont payées par l’Assurance Maladie.
Un complément peut ensuite être versé par l’employeur. Son montant dépend de la situation, de l’ancienneté, des règles légales et parfois de la convention collective.
Le salarié peut donc recevoir deux sources d’indemnisation :
les IJSS ;
un complément versé par son employeur.
Dans certains cas, l’ensemble permet de maintenir une grande partie du revenu habituel.
Dans d’autres, une baisse de revenus reste visible.
C’est pourquoi il est important de consulter sa convention collective et son bulletin de paie plutôt que de se fier uniquement au montant des IJSS.
Quelles démarches effectuer pour recevoir ses IJSS ?
Un arrêt de travail doit être transmis rapidement.
Lorsque le médecin réalise la prescription de façon dématérialisée, une partie des informations est envoyée directement à l’Assurance Maladie.
Le salarié doit toutefois transmettre l’exemplaire destiné à son employeur dans un délai de 48 heures.
Si un formulaire papier est utilisé, les règles sont plus strictes. Le formulaire sécurisé prévu par l’Assurance Maladie doit être utilisé.
L’employeur transmet ensuite une attestation de salaire.
Cette étape est essentielle. Les informations présentes sur cette attestation permettent de calculer les IJSS.
Si l’attestation n’est pas transmise ou contient une erreur, le paiement peut être retardé.
En cas de délai anormal, trois vérifications simples peuvent être faites :
vérifier que l’arrêt a bien été enregistré ;
vérifier que l’attestation de salaire a été envoyée ;
consulter les paiements et messages dans le compte ameli.
Pourquoi le versement des IJSS peut-il être bloqué ?
Un retard de paiement ne signifie pas toujours qu’un droit a été refusé.
Un dossier peut simplement être incomplet.
L’attestation de salaire peut manquer. Un arrêt peut avoir été envoyé trop tard. Une pièce peut être demandée par la CPAM. Une erreur peut aussi apparaître dans les informations transmises.
La situation devient vite stressante lorsque le salaire baisse en parallèle.
Il est donc préférable de ne pas attendre plusieurs semaines avant de vérifier le dossier.
Les relevés d’IJSS doivent aussi être conservés. Ils peuvent notamment servir pour les droits à la retraite.
IJSS : quand se faire accompagner ?
Les règles des IJSS sont simples sur le papier.
Dans la réalité, une situation peut vite devenir difficile à comprendre.
Un salarié peut recevoir un montant différent de celui attendu. Un paiement peut être bloqué. La subrogation peut être mal comprise. Un maintien de salaire peut manquer sur la fiche de paie.
Et lorsqu’une personne est déjà en arrêt, gérer ces démarches peut devenir une charge supplémentaire.
Un accompagnement social peut alors être utile.
Les documents peuvent être repris ensemble. Les montants peuvent être mieux compris. Les démarches déjà réalisées peuvent être vérifiées. Le bon interlocuteur peut aussi être identifié.
L’objectif n’est pas de remplacer la CPAM ou l’employeur.
Il s’agit surtout d’éviter qu’une personne reste seule face à une situation administrative qu’elle ne comprend plus.
Comment Youne accompagne les difficultés liées aux IJSS
Chez Youne, nous accompagnons également les personnes confrontées à des difficultés avec leurs IJSS.
Un professionnel peut aider à faire le point sur le dossier.
Il peut notamment aider à comprendre les paiements reçus, vérifier les documents disponibles, identifier une pièce manquante ou préparer une démarche auprès de la CPAM ou de l’employeur.
L’accompagnement peut aussi être utile lorsqu’une baisse de revenus commence à créer d’autres difficultés : budget, factures, logement ou aides sociales.
Car derrière un problème d’IJSS, il y a parfois une situation beaucoup plus large.
Notre objectif reste le même : rendre les démarches plus simples et permettre à la personne d’avancer avec les bons interlocuteurs.
IJSS : les points essentiels à retenir
Les IJSS compensent une partie de la perte de salaire pendant certains arrêts de travail.
Pour un arrêt maladie classique, elles correspondent généralement à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond applicable.
Un délai de carence de trois jours est généralement appliqué.
Les IJSS peuvent être versées directement au salarié ou à son employeur en cas de subrogation.
Enfin, un retard de paiement doit être vérifié rapidement. Une attestation manquante ou un dossier incomplet peut suffire à bloquer le versement.
En cas de difficulté, il est possible de se faire accompagner pour comprendre la situation et avancer dans les démarches.
Sources
Assurance Maladie – Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié
Assurance Maladie – Indemnités journalières maladie : calcul et versement
Assurance Maladie – Subrogation de salaire en cas d’arrêt de travail